Fairy Tales, la ville de tous les contes, n'est plus ce qu'elle était. En vérité, tout est en train de changer et vous allez bientôt vivre un cauchemar.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Ouverture d'une nouvelle sous-partie du Flood pour votre contenu "fanmade" et autre relatif à l'univers d'HnE.

Partagez | 
Coq de Brême
avatar


Nom : Ingrid
Univers original : Musiciens de Brême
Messages : 18
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t377-je-passe-du-coq-a-l
Jeu 21 Mai - 20:32
Ingrid connaissait une certaine routine dans sa vie. Le matin, c'était la première levée avant même l'aurore. C'est elle qui, après avoir pris le temps de s'occuper d'elle, prépare le petit déjeuner pour les trois autres avant d'aller les réveiller. Hors de question qu'ils passent leurs matinées à traînasser dans leurs lits. Il était hors de question et inconcevable pour Ingrid que SA famille fasse ça sous SON toit.

Oui parce que Ingrid, ça reste le coq de Brême, et même si c'est une femme qui ne peut pas parler, il n'empêche qu'elle a toujours son petit caractère bien trempé. Possessive et autoritaire, ses petits oisillons n'étaient pas encore prêts de voler de leur propres ailes et avaient encore besoin d'être maternés.

Cela dit, la journée, ils pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient tant qu'ils étaient à table lorsqu'elle le disait. Un repas le midi puis un repas le soir. Elle ne les faisait pas suer plus que ça, au contraire, elle était une mère improvisée aimante et bienveillante, et même si elle peut paraître très autoritaire avec ses mains qui bougent plus vite que son ombre, elle reste néanmoins une femme avec un cœur sensible et les gronder silencieusement est quelque chose qui l'affecte bien plus qu'elle peut ne le laisser paraître.

Mais c'est pour leur bien qu'il fallait marcher au pas comme des Momerath. Ce n'était pas l'armée, mais elle voulait au moins instaurer des bases à ces joyeux lurons qu'elle affectionne tout particulièrement. Et c'est pour ça que ce soir là, alors que Pody manquait à l'appel pour le dîner (alors qu'il avait l'ouïe fine et qu'il devait avoir l'habitude de ces douces notes de clarinette qui sonnaient la bouffe), elle fronça les sourcils et ordonna aux deux de manger leurs assiettes en attendant. Elle en prit une avec elle et sortit de la maison à la recherche du matou.

Et le concerné était en train de faire la sieste au pied d'un arbre. Quelle idée de s'endormir à cette heure là alors que l'heure du dîner approchait ? C'est hyper important de manger de manière régulière pour instaurer une bonne hygiène corporelle. Et après tu vas la trouver énervante avec ça, mais elle fait ça pour ton bien.

Après avoir hésité tout de même, deux secondes toutes entières, elle finit par le réveiller doucement en le secouant par l'épaule, incapable de prononcer n'importe quel mot. Après tout, elle était muette. Et peut-être que l'odeur du délicieux repas qu'elle tenait de l'autre main aiderait le goinfre endormi à sortir de sa torpeur.

Allez Pody, tu peux le faire, Morphée est fort mais croit moi, Ingrid l'est plus.
Revenir en haut Aller en bas
Chat de Brême
avatar


Nom : Pod'Paille
Univers original : Les Musiciens de Brême
Messages : 215
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t313-la-musique-est-la-l
Ven 22 Mai - 19:28
Une douce mélodie résonnait dans les airs. Joyeuse, légère, magnifique. Un véritable régal pour les oreilles de notre chat. Il était tranquillement assis dans une jolie petite plaine, à regarder le soleil couchant tout en écoutant la petite musique qui venait d’une source non identifiée. Il ya avait quelques arbustes par-ci, par-là, quelques fleurs… Il y avait même des rhododendrons… Mais leur texture faisait un peu penser à de la morve… du coup, ça donnait des rhododendroves… Enfin bref, tout était parfait. Puis tout à coup, le silence. Le décor s’agita légèrement avant de disparaître complètement, plongeant Pod’paille dans l’obscurité à laquelle il était accoutumé. Il venait de se réveiller. Il sentait une main sur son épaule qui le secouait légèrement.

-Mh… ?

Pody ouvrit un œil, puis l’autre, ce qui ne changea rien au noir qui l’entourait, puis il amena sa main à sa bouche avant de bâiller… Enfin de miauler… Dans son cas, les bâillements ressemblaient étrangement à des miaulements. Alors qu’est-ce que quoi qu’il s’était passé ? Il se souvenait être sortit dans l’après-midi, qui s’annonçait fort radieux, afin de passer un moment au calme. Il s’était baladé, il avait improvisé quelques morceaux au violon, puis il s’était assis aux pieds d’un arbre pour profiter du calme agréable qu’offrait la Forêt Enchantée. Cette atmosphère de tranquillité avait dû avoir raison de lui et il s’était sans doute assoupi sans le vouloir. En tout cas la sieste fût agréable. Il avait rêvé d’un chouette petit air qu’il devrait retenir pour le jouer plus tard. Mais là, il venait d’être réveillé par quelqu’un. Ce n’était pas très difficile de deviner par qui.

-Ingrid… ? Que fais-tu là… ?

Il ne pouvait s’agir de personne d’autre. Si ça avait été le chien, il l’aurait réveillé en lui hurlant dans les oreilles, ou un truc du genre. Et la main qui l’avait réveillé n’était certainement pas celle de l’âne. De plus, le coq avait une caractéristique toute particulière. Si en général Pody reconnaissait les gens à leur voix, Ingrid était reconnaissable entre mille par son silence. Et puis cette main qui l’avait réveillé était forcément la sienne. Bon, après ça aurait très bien pu être un simple passant, mais les simples passants se faisaient rares par ici. Et généralement, les simples passants parlent. La probabilité qu’un simple passant muet décide de le réveiller était assez faible.

Pody se redressa légèrement et prit une posture droite pour aider son corps à s’activer. Tandis qu’il se réveillait petit à petit, ses sens se mirent en éveils. Il sentit un petit vent, quoi qu’un peu frais. Il entendit le bruit des feuilles qui s’agitaient au rythme de ce même vent. Il entendit la respiration de sa camarade et le pas de certains animaux à proximités. Il y avait décidément peu de choses qui pouvaient échapper à ses oreilles. Bon, le toucher et l’ouïe, c’était bon. Puis son odorat se mit en marche. Et là, il sentit une odeur à laquelle il ne s’attendait pas dans un tel endroit. Cela sentait le plat cuisiné… En plein milieu de la forêt, cela était assez improbable… Euh… Ingrid est là… Odeur de nourriture… Euh… Il avait dormit combien de temps au juste…? Comme il avait dormit, il n'en avais pas la moindre idée... Est-ce que par hasard… il aurait loupé le dîné ? …Oups… Pod’paille savait qu’Ingrid détestait quand l’un d’entre eux loupait un repas. Personnellement, il s’arrangeait pour être toujours là. Mais s’il avait vu juste… enfin plutôt s’il avait senti juste, alors il avait tout faux sur ce coup-là. Il orienta son visage en direction de sa camarade et prit un air désolé.

-Je suis en retard pour le dîné, c’est ça ? Je suis sincèrement navré, je me suis endormi sans le vouloir…

Il allait se faire engueuler…
Revenir en haut Aller en bas
Coq de Brême
avatar


Nom : Ingrid
Univers original : Musiciens de Brême
Messages : 18
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t377-je-passe-du-coq-a-l
Sam 23 Mai - 16:52
Ah ce petit Pody Pody était un sacré tricheur. S'il y avait bien une chose dont Ingrid ne pouvait pas résister, c'était au potentiel mignon du Chat. Entre le petit miaulement, le petit air de chaton tout mignon et tristounet, elle ne pouvait pas lutter contre tout ça. Non, elle n'allait pas le sermonner cette fois, être loin de l'âne et du chien posait problème pour tout dire.

Pody ne pourrait pas voir ce qu'elle lui raconte, et prendre le temps de lui faire avec ses mains, elle aurait perdu toute crédibilité avant même d'avoir commencé. Elle se contente juste de lui déposer la serviette et le plat sur les jambes, lui mettant les couverts dans une main. Ce n'était pas quelque chose compliqué à manger pour un aveugle, elle avait toujours cette petite attention pour Pody, déjà que les conversations entre eux étaient compliquées, il fallait au moins simplifier le reste.

Elle remarqua l'instrument de l'autre musicien et le prît délicatement entre ses doigts. Et attention, elle ne le prends pas comme un jambon, non non, hors de question. Ingrid savait quand même cela et portait un respect à tout instrument de musique, qu'il appartienne à une personne agréable ou non.  L'instrument est à un musicien une des choses les plus précieuses qu'il peut posséder, c'était le cas de la jeune femme, sa clarinette, c'était tout. Mais même si elle ne l'avait pas tout de suite sur elle, elle savait qu'elle pouvait avoir confiance et elle n'est pas inquiète à l'idée de laisser l'instrument de cuivre reposer à l'intérieure de la chaumière.

Elle posa son postérieur à la place de l'instrument et le laissa reposer sur ses cuisses, elle observa en silence le jeune homme à ses côtés. Elle n'osait pas vraiment l'embêter alors qu'il mangeait, son mutisme l'empêchant de dire un mot, elle était obligée de prendre les mains de l'aveugle pour communiquer avec lui en reproduisant les signes avec ses mains pour qu'il puisse « entendre » ce qu'elle veut lui dire.

Quand bien même elle était habituée à son handicap, elle trouvait ça vraiment embêtant de ne pas pouvoir communiquer plus simplement avec le chat. Lui, il n'avait juste qu'à ouvrir la bouche et prononcer quelques mots pour qu'Ingrid puisse l'entendre, mais elle, c'était comme dit plus haute, une toute autre histoire.

Mais ils se débrouillèrent quand même et c'était une chance de pouvoir quand même converser d'une manière ou d'une autre, car Pod'paille, bien qu'il détestait son prénom, était quelqu'un de vraiment agréable et son calme était appréciable pour tempérer les deux autres.

Elle attendit qu'il termine de manger pour lui prendre doucement les mains et commencer quelques signes pour qu'il comprenne ce qu'elle souhaitait lui faire transmettre comme message. « Tu veux qu'on aille se promener ? »
Revenir en haut Aller en bas
Chat de Brême
avatar


Nom : Pod'Paille
Univers original : Les Musiciens de Brême
Messages : 215
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t313-la-musique-est-la-l
Mar 26 Mai - 16:36
Pody s’attendait à ce qu’Ingrid lui prenne les mains sèchement pour le réprimander à coup de mots silencieux, ce qu’il aurait entièrement mérité. Mais à la place, il sentit quelque chose se déposer sur ses jambes. Puis, effectivement, elle lui prit une main, mais pas pour lui parler, mais pour lui donner quelque chose que l’aveugle reconnut comme des couverts. Bah oui, ils utilisaient toujours les même objets, du coup Pod’paille n’éprouvait pas de difficulté à deviner ce qu’il touchait. Et même si le toucher ne suffisait pas toujours, en général, le son suffisait à faire le reste. Là, le bruit du tintement métallique lorsque le couteau entrait en contact avec la fourchette ne laissait pas place au doute sur ce qu’il tenait dans ses mains. Et deviner ce qu’il y avait sur ses jambes était encore moins difficile. Pody sourit. Ingrid était vraiment gentille et pleine de bonnes intentions.

- Merci beaucoup. Cela sent rudement bon.

Pod'paille n’avait pas spécialement faim. C’était sans doute dû au fait qu’il venait tout juste de se réveiller. Mais autant ne pas offenser d’avantage son amie. Déjà qu’il était en tort et qu’il n’avait pas eu de sermon. Donc sans plus attendre, il commença à manger. C’était comme ça sentait : rudement bon. Cela n’était guère étonnant venant du coq. Elle cuisinait toujours des choses à la fois simple et délicieuses. Il tiqua tout de même au moment où il entendit son violon se faire déplacer. S’il y avait un truc qu’il n’oubliait pas entre le moment où il s’endormait et celui où il se réveillait, c’était l’endroit où il avait posé son précieux instrument. En même temps, il le posait toujours au même endroit, à sa gauche. Aussi, quand il entendit quelque chose bouger par là, il n’eut aucun doute sur ce dont il s’agissait. Ses oreilles félines se dressèrent à l’instant où il entendit le bruit. Mais il se calma presque aussitôt. Il se doutait que c’était Ingrid qui le déplaçait. Par ailleurs, il l’entendit s’asseoir juste après. Il n’aimait pas qu’on touche à son violon, mais il savait que la jeune femme traiterait son instrument avec tout le respect auquel il avait droit. Oui, on respecte le violon. Ingrid faisait partie des rares personnes à pouvoir toucher son précieux instrument.

Il finit donc de manger en silence. Le chat était loin d’être un gros gourmand et là, l’appétit lui manquait. Mais il termina tout de même son assiette parce que déjà, il ne fallait pas vexer la cuisinière, et en plus, c’était vraiment très bon. Il ne manqua pas de le lui faire remarquer, d’ailleurs.

-Merci, c’était vraiment délicieux.

Et il déposa l’assiette sur le côté, avec les couverts sur le dessus. Puis il entendit à nouveau du mouvement du côté de sa camarade avant de sentir ses mains se faire attraper par celles de la jeune fille. Elle fit bouger ses doigts pour former des mots que Pody n’eu aucun mal à comprendre. Cela faisait longtemps qu’il avait demandé à Ingrid de lui apprendre le langage des signes. C’était tout de même bien plus pratique pour communiquer lorsqu’ils étaient seuls tout les deux. Maintenant, c’était quelque chose qu’il maîtrisait à la perfection. Il sourit à la proposition de la musicienne. Une promenade, quelle merveilleuse idée.

-Cela me ferait très plaisir. Il est vrai que c’est une soirée fort agréable, et il serait dommage de ne pas en profiter.

Sur ce, il dégagea une de ses mains afin de saisir son bâton qu’il devait vraisemblablement avoir laissé sur sa droite. Il tâtonna une seconde ou deux avant de le trouver et de refermer sa main dessus. Puis il se releva dans un mouvement fluide et tendit sa main libre en direction de la jeune femme pour l’aider à se relever, avec toute la délicatesse et la galanterie dont il savait faire preuve. Il récupéra également son instrument, histoire de ne pas encombrer inutilement son amie. Il l’accrocha dans son dos à l’aide d’un petit système prévu à cet effet. Cela lui laissait une main de libre pour discuter. Puis il commença à marcher tranquillement en tâtonnant devant lui avec son bâton pour éviter de se prendre des racines ou des cailloux.

La Forêt Enchantée était agréable la nuit. Le bruit du vent dans les feuillages était harmonieux. Il pouvait même entendre le hululement d’une chouette pas loin. La soirée était à l’image de l’après-midi. La température était agréable. Un petit vent doux. Pody ne doutait pas que le ciel devait être dégagé. Les étoiles devaient être bien visibles dans le ciel. Lorsqu’il était encore voyant, il appréciait beaucoup regarder les étoiles. Il les trouvait magnifique. Cela faisait longtemps, très longtemps qu’il n’avait plus le loisir d’admirer leur éblouissante lumière. Il se souvenait également de la lueur de la lune. Il aimait beaucoup la façon qu’elle avait d’illuminer le monde de sa lumière bleuté. Un tel décor lui donnait beaucoup d’inspiration pour sa musique. Et dans un milieu forestier, cela devait être magnifique. A moins que le feuillage des arbres ne soit tellement épais qu’il ne laissait pas passer la lumière ni de la lune, ni des lucioles célestes. Auquel cas, cela devait être un peu embêtant pour Ingrid. Lui, il était aveugle, il avait l’habitude de ne rien voir. Mais il savait que pour un voyant, être dans le noir était une toute autre histoire. Mais bon, il se doutait que si elle avait réussit à le trouver, c’est que la visibilité devait être correcte. Par ailleurs, le moment était peut-être venu de briser le silence.

-Le ciel doit être magnifique ce soir.
Revenir en haut Aller en bas
Coq de Brême
avatar


Nom : Ingrid
Univers original : Musiciens de Brême
Messages : 18
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t377-je-passe-du-coq-a-l
Sam 30 Mai - 18:04
Oh oui qu'il était beau ce ciel, et se balader de la sorte en silence ne la dérangeait pas du tout. Elle avait pris l'habitude après tout et un long silence pouvait en dire beaucoup plus que des paroles. Et puis à force, Ingrid était beaucoup plus expressive dans ses gestes et expressions de visage et quand bien même elle aurait été dotée de la parole, cela n'aurait pas été différent. Enfin, c'est ce qu'elle pensait. Elle ne ressent pas un manque de parler et se dit que même si elle en était capable, elle ne parlerait pas tant que ça.

Cependant, ce qui est certain, c'est qu'elle avait un peu en travers de la gorge le fait qu'elle ne puisse pas essayer de chanter. Qu'elle chante juste ou faux n'est pas la question, elle avait juste envie d'essayer. Beaucoup disent que la chanson était un acte qui permettait de ressentir et de transmettre bon nombre d'émotions et de sentiments différents de jouer d'un instrument. Elle convoite cela sûrement parce qu'elle ne peut pas l'avoir. Malgré cela, elle ne s'en plaint pas et écoute les autres, compensant un peu son soucis.

Mais en entendant Pody Pody rompre le silence, elle eût un sentiment de culpabilité. Elle repensa à son propre handicap et son sens de l'empathie entra directement en jeu. Elle se mît tout de suite à la place de son ami et bien qu'il n'avait pas l'air d'être dérangé plus que ça, elle se sentait quand même concernée par tout ça. Elle lui attrapa doucement les mains et commença à lui faire faire quelques signes. « Tu ne peux pas les voir, mais oui, elles le sont et elles veilleront toujours sur toi. »

Le coq muet était poète à ses heures perdues et malgré son mutisme, il faut tout de même admettre que son verbe possédait malgré tout un certain charme. On parle du fier coq de Brême là, oh ! Un peu de respect tout de même ! Et en parlant du fier Coq, elle était très fière de sa petite réplique. Elle espère que ça a eu son petit effet sur le moral du Chat.

Elle ne lui lâche pas les mains, les tenant toujours entre ses doigts, cherchant un peu ses mots. Faut le faire pour une muette, elle peut les chercher longtemps ils risquent pas de sortir. « Et si elles ne le font pas et qu'il t'arrive quelque chose, crois moi qu'elles vont m'entendre. »

Un petit sarcasme de la part d'Ingrid, cadeau de la maison joie du patron. Elle laisse même échapper un léger rire détendu, mais quand même modéré. Elle rends la liberté aux mains du chat, notamment pour qu'il puisse récupérer sa canne et simplement pour lui redonner la possession de ses mains.
Revenir en haut Aller en bas
Chat de Brême
avatar


Nom : Pod'Paille
Univers original : Les Musiciens de Brême
Messages : 215
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t313-la-musique-est-la-l
Lun 8 Juin - 18:45
Pod’paille n’avait pas pour habitude de parler de choses visuelles. Cela pointait du doigt son handicap, et en général, il préférait éviter cela afin que son interlocuteur ne se sente pas gêné. Il essayait même de le cacher autant qu’il le pouvait, même si cela s’avérait difficile. Même avec toute la bonne volonté du monde, il ne pouvait regarder directement dans les yeux la personne à qui il s’adressait. Il essayait toujours de le faire de façon approximative, mais il se doutait bien que le résultat était loin d’être parfait. Mais cette fois, il n’avait pas fait attention aux mots qui étaient sortis de sa bouche. Pourtant, ce n’était pas grave. Parce que son interlocuteur, c’était Ingrid. C’était une amie. Avec elle, comme avec le chien et l’âne, il savait qu’il pouvait parler de tout sans qu’il n’y ait de malaise, même sur leur défaillance. Avec eux, il savait qu’il pouvait parler librement, sans complexe par rapport au fait qu’il soit aveugle.

Le chat lâcha son bâton lorsqu’il sentit qu’Ingrid lui prenait les mains pour lui parler. Elle forma avec ses doigts une réponse fort poétique qui eut le mérite de le faire sourire. Il reconnaissait bien là le coq, avec ses paroles silencieuses toujours réconfortantes. Il s’était un peu laissé aller à sa nostalgie, mais elle avait le don de lui remonter le moral. Et pas seulement à lui d’ailleurs. Il était convaincu que ses paroles pouvaient consoler les personnes les plus déprimés. Du moins, pour peu qu’elles connaissent le langage des signes ou qu’il y ait un traducteur à proximité. Ses doigts se remirent à bouger sous l’effet de ceux de la jeune femme pour former de nouveaux mots :

« Et si elles ne le font pas et qu'il t'arrive quelque chose, crois moi qu'elles vont m'entendre. »

Pody laissa échapper un petit rire amusé, autant pour le côté sarcastique de la chose que pour le fait qu’elle comptait remonter les bretelles des étoiles si elles ne faisaient pas leur travail. Elle était comme ça, Ingrid, toujours à se soucier de leur bien être, à lui et à leurs deux autres compagnons. Si Pod’paille savait ce qu’était une mère, sans doute aurait-il trouvé des similitudes avec la jeune femme. Elle était toujours bienveillante, et même lorsqu’elle les réprimandait, il savait que c’était tout à fait légitime et avec de bonnes intentions. Et elle était capable de « dire » des choses aussi belles qu’elle. Oui, Pody la trouvait belle. Intérieurement bien sûr. Non parce qu’extérieurement… il n’en avait pas la moindre idée, il ne pouvait pas juger. Il ne savait absolument pas à quoi elle pouvait bien ressembler. Il ne lui avait jamais demandé. Et cela l’importait peu. Elle avait la beauté intérieure, et c’est la beauté la plus importante à avoir, quoi qu’on en dise.

Quand elle lâcha ses mains, il entreprit de reprendre son bâton qu’il avait laissé contre un arbre. Il l’attrapa du premier coup, sans avoir à tâtonner. Il l’avait posé seulement quelques secondes plus tôt, et il avait réussit à mémoriser l’emplacement. Et il avait aussi eu un peu de chance, sans doute.

-Tu n’as nul besoin de les réprimander. Après tout, que veux-tu qu’il m’arrive ?

C’est vrai que ce coin de forêt était plutôt paisible, avec peu de visiteurs. Enfin, Pody avait eu l’occasion d’en croiser certains de peu recommandables lors de quelques unes de ses sorties nocturnes. Bien évidemment, il s’était bien gardé de parler de ses mésaventures à ses amis, trouvant que cela n’offrait que peu d’intérêt. Il ne voyait nulle raison de les alarmer. Bon, vous me direz qu’il ne voit jamais rien, mais vous avez comprit l’idée. Après tout, ce n’était pas si grave que ça. Il s’en était toujours sortit et il avait encore la tête sur les épaules, dans tous les sens du terme.

-Et puis, à quoi cela me sert d’avoir les étoiles qui veillent sur moi, alors que tu es là ?

Pody avait dit ça avec le sourire. Avant de rencontrer les musiciens, il avait toujours dû se débrouiller seul. A l’époque, la solitude ne le dérangeait nullement, et il avait de toute façon son violon pour lui tenir compagnie. Il ne ressentait pas le besoin de se lier à d’autre personne. Mais maintenant qu’il avait des amis sur lesquels il pouvait compter, il se rendait compte à quel point c’était important de savoir que, si un jour il était dans le besoin, il y aurait quelqu’un pour l’aider. Et bien évidemment, si l’un de ses compagnons avait besoin de lui, il n’hésiterait pas une seconde. C’est ça, l’esprit d’un groupe. L’esprit de leur groupe.
Revenir en haut Aller en bas
Coq de Brême
avatar


Nom : Ingrid
Univers original : Musiciens de Brême
Messages : 18
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t377-je-passe-du-coq-a-l
Ven 19 Juin - 12:06
Tu demandes ce qu'il pouvait t'arriver mon petit Pody ? IL PEUT T'ARRIVER DES MILLIERS DE CHOSES DANS CETTE FORÊT.
Imagine une des branches d'arbres est un peu plus basses que les autres et te cogne la tête ? Ça pourrait te laisser un petit bobo sur la joue ! Ou pire encore, imagine une racine d'un arbre que tu remarques pas avec ta canne. Boum, par terre. Tu seras tout sale et tu te seras fait mal. Non non non, c'est définitivement trop dangereux.

Cependant, elle arrête de s'inquiéter aussi vite que la seconde phrase de Pody venait d'être prononcée. Elle afficha un sourire mêlant gêne et fierté et vient tout amicalement asséner une pichenette sur le front. Seul acte de violence dont elle était capable de faire preuve envers eux.

On y peut rien, elle est comme ça Ingrid et on veut pas qu'elle change. C'est la petite maman qui prends soin des autres et qui pense d'abord à eux. C'est d'ailleurs ce à quoi elle pensait à ce moment là. L'Âne et le Chien, ont-ils finis leurs assiettes ? Ont-ils fais la vaisselle ? Sont-ils restés sages ? Il n'y a plus qu'à espérer que oui.

Oui parce qu'elle avait décidé de chouchouter un peu le chat ce soir. C'était pas courant qu'ils se retrouvaient seuls tous les deux, notamment car la communication entre les deux n'était vraiment pas chose aisée.

Elle eût l'idée de lui attraper la main pour le guider et commença à réfléchir à un itinéraire au travers de la forêt histoire que leur chemin se termine au point de départ. Ce serait bête qu'ils se perdent, elle aurait terriblement honte aussi.

Elle lui attrapa cette fois l'autre main, le laissant se séparer de sa canne un instant avant de l'assommer de questions silencieuse. « Tu passes de bonnes journées ? Tu as envie de manger quelque chose en particulier demain soir ? Tu veux qu'on travaille sur un morceau que tu préfères ? Tu as besoin de quelque chose pour ton violon ? »

Les signes se font rapidement, manipulant les doigts de son ami, c'était peu courant, mais parfois cela arrivait, le coq muet pouvait se montrer très bavard.
Revenir en haut Aller en bas
Chat de Brême
avatar


Nom : Pod'Paille
Univers original : Les Musiciens de Brême
Messages : 215
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t313-la-musique-est-la-l
Lun 20 Juil - 19:25
Pody se laissait guider par son amie dans la forêt, tâtonnant le sol avec sa canne de fortune. Il écoutait le bruit de leurs pas, celui de son bâton touchant le sol, celui des rares animaux qui passaient encore à cette heure avancée de la nuit. Quelle tranquillité. Quel silence. Silence qui fût bientôt brisé par la muette. Et ouais, il s’en passe des choses bizarres dans cette forêt. Il eut tout juste le temps de déposer sa canne contre l’arbre le plus proche que la jeune femme lui prit la main.

« Tu passes de bonnes journées ? Tu as envie de manger quelque chose en particulier demain soir ? Tu veux qu'on travaille sur un morceau que tu préfères ? Tu as besoin de quelque chose pour ton violon ? »

Heureusement que le félin avait beaucoup d’expérience dans le domaine de déchiffrage des signes parce que sinon, avec cette vitesse, il n’aurait rien comprit. Mais il était à présent passé maître dans cet art et il n’avait nul besoin de demander à Ingrid de répéter en articulant. Il répondit, toujours avec son éternel sourire

-Oula que de questions. Alors voyons voir… je passe d’excellentes journées, merci de t’en inquiéter. J’espère qu’il en va de même de ton côté. Les deux autres ne te posent pas trop de soucis ?

Surtout le chien. Pody savait à quel point il pouvait être difficile à gérer. Toujours à faire n’importe quoi et à embêter son monde. Parfois, il était vraiment…agaçant. Enfin… Pody l’aimait bien au fond… très au fond. Même s’il ne l’avouait pas. Sinon il ne supporterait pas de vivre dans la même maison que cet individu.

-J’ai une suggestion pour demain soir. Pour me faire pardonner d’avoir loupé le dîné aujourd’hui, je te propose de faire à manger moi-même. J’y tiens. Même si ce sera sans doute moins bon que ce que tu as l’habitude de nous préparer.

Il pouvait bien faire ça pour se faire pardonner. Et puis Ingrid méritait bien un peu de repos. Et il n’était pas totalement nul en cuisine. Pour peu qu’il ne confondait pas le sucre avec le sel… Non, ça ne sentait pas du tout le vécu ! Pour sa défense, quand on est aveugle, c’est pas facile de faire la différence quand ils sont dans des récipients similaires. Maintenant, il faisait attention et il gouttait toujours avant utilisation. A partir de là, il était tout à fait capable de cuisiner des plats, certes basiques, mais convenables.

-Oh et en parlant de morceau, j’ai rêvé d’une mélodie que je trouve particulièrement jolie, j’aimerai avoir ton avis, si tu le veux bien.

Ah Pody, était irrécupérable. Toujours à saisir la première occasion pour jouer un morceau. Il saisit donc son instrument, prit position et commença à jouer un air léger, subtil, mais assez technique à jouer. Quoi que aussi technique qu’il pouvait être, il ne posait guère de problème au félin qui jouait merveilleusement bien. Il entra dans cette espèce de transe dans laquelle il se plongeait systématiquement lorsqu’il jouait. Le temps, l’espace, plus rien n’existait, hormis le son qui sortait de son violon. Aucune hésitation dans ses mouvements, dans ses notes, dans sa musique. Il faisait tout naturellement. Il ne se souvenait pourtant pas exactement de la mélodie qu’il avait entendu en rêve. Mais cela n’était pas important. Là où il avait des trous, il ajoutait les notes qui convenaient. Les notes exactes qu’il fallait mettre pour que ce morceau soit absolument parfait pour les oreilles. Un seule note modifiée, et tout le morceau s’écroulait, devenait moins beau, moins appréciable. Et Pody avait le don pour toujours trouver l’accord juste. Si bien que le résultat devait être encore meilleur que la mélodie dont il avait rêvé à la base. Après quelques minutes de paradis, il acheva son morceau et revint sur terre. Mais plutôt que de se tourner vers Ingrid pour lui demander son avis, il resta en position. Il resta perdu dans ses pensés encore une fraction de seconde, puis il reprit :

-Je viens de penser que ça pourrait être encore mieux si à partir de la quatrième mesure, tu jouais un air de clarinette dans ce genre là.

Et il se mit à jouer un air plus gai, plus rapide avant de s’arrêter de nouveau lorsqu’il eu terminé.

-Puis nous reprenons ensemble la partie suivante en duo. Dit-il en illustrant ses paroles par sa musique en jouant la partie en question. Bien évidemment, si au piano on pouvait avoir comme accompagnement quelque chose comme ça, ce serait encore mieux. Nouveau morceau de musique, en illustration. Le tout avec un petit rythme soigné comme notre ami aux percussions sait si bien le faire, cela fera un morceau magnifique.

Pour le coup, il s’adressait d’avantage à lui-même qu’à la jeune femme. C'est ainsi qu'il avait transformé une simple mélodie en une composition à part entière. Il entendait déjà le résultat final dans sa tête. Et il lui tardait d’entendre véritablement ce que cela donnerait. Si Pod’paille était un musicien de talent, il était également un compositeur hors-paire. Mais il était aussi très modeste et écoutait toujours les avis des autres. En aucun cas il n'allait jouer les despotes en imposant son style musical, considérant que ses trois compagnons avaient aussi un réel talent. C’est pourquoi il finit par se tourner vers Ingrid en souriant.

-Puis-je avoir ton avis sur la question ?
Revenir en haut Aller en bas
Coq de Brême
avatar


Nom : Ingrid
Univers original : Musiciens de Brême
Messages : 18
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t377-je-passe-du-coq-a-l
Mar 11 Aoû - 19:26
S'il y a bien un truc fascinant chez le chat de Brême, c'est bel et bien la qualité de son ouïe et de la délicatesse de son oreille. Il n'était jamais arrivé, aussi longtemps que s'en souvienne Ingrid -et croyez moi qu'elle oublie rarement-, que sa fine oreille lui fasse faux bond et qu'il était toujours agréable d'écouter et d'entendre les jolies mélodies qu'il a pu composer.

Ingrid n'excellait pas forcément dans la composition. Oh, elle n'est pas non plus mauvaise, elle sait se débrouiller. Non, si on peut lui accorder un mérite, c'est qu'elle a une bonne mémoire, que ce soit aussi bien dans les gestes que dans l'écoute, elle n'a pas besoin de partitions pour jouer un morceau qu'elle a déjà joué une fois, comme si c'était plutôt ses doigts qui jouaient eux-mêmes.

Mais aussi bonne soit l'oreille de Pody, il pourra autant les ouvrir qu'il le peut, il ne pourra pas entendre l'avis d'Ingrid. C'est pour ça qu'elle avait un léger sourire bienveillant aux mots utilisés par le chat, non pas que ça la dérange qu'on ne fasse pas attention, mais elle a remarqué la petite attention, qu'elle soit volontaire ou non.

Mais il ne lui a pas laissé le temps de répondre, qu'il a déjà empoigné à pleines mains son violon et pour rien au monde elle ne l'interromprait dans son morceau. Et gare à celui qui le fait, car vous ne voulez pas entendre une muette qui crie. On parle bien d'une muette et pas d'une mouette.

Elle l'écoute attentivement, l'admirant dans sa prestation, ses compères sont tous aussi fascinants les uns que les autres de part leur excentricité et surtout leurs manière de jouer. Pody, lui, avait beau être aveugle, Ingrid trouvait que quand il jouait, son regard n'était pas aussi vide qu'à l'accoutumée. Oh, il n'y avait probablement rien de différent visuellement, mais c'était un ressenti du coq, et c'était tout ce qui comptait, n'est-ce pas ?

Elle l'écoute terminer tranquillement son morceau, les différentes remarques faites en court de prestation, elle le laisse se libérer les mains de son violon avant de doucement lui attraper les mains pour commencer à lui répondre.

« Je trouve qu'en effet, c'est très joli. Nous essayerons de ce que tu proposes, je suis persuadée que cela fera extrêmement plaisir aux deux autres et qu'ils auront plein d'idées pour apporter leur pierre à l'édifice. »


Une réponse tout à fait habituelle, c'était ses petits bébés à elle et tout ce qui lui importait, c'était de les voir jouer tous ensembles et que même si parfois, les débats étaient quelques peu virulents, elle ne briderait en rien leur créativité. De toute manière, il était rare qu'elle prenne vraiment parti de quelques factions et qu'elle jouerait comme eux ils sont envie. Parce que c'est la manière dont elle a envie de jouer de son instrument.

Elle ne lui lâche pas les mains, marquant juste une courte pause avant de reprendre.

« Mais je t'ai déjà pardonné d'avoir raté l'heure du dîner et ne t'en fais pas, demain on mange du poisson. »

Revenir en haut Aller en bas
Chat de Brême
avatar


Nom : Pod'Paille
Univers original : Les Musiciens de Brême
Messages : 215
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t313-la-musique-est-la-l
Lun 7 Sep - 20:20
Une fois sa prestation terminée, il déposa son violon afin de se libérer les mains avant de les tendre à Ingrid pour avoir l’avis de son amie. Il sentit les mains de la jeune femme prendre les sienne et elle commença à jouer avec ses doigts pour lui parler.

« Je trouve qu'en effet, c'est très joli. Nous essayerons de ce que tu proposes, je suis persuadée que cela fera extrêmement plaisir aux deux autres et qu'ils auront plein d'idées pour apporter leur pierre à l'édifice. »

Pody sourit. Du Ingrid tout craché. Cela ne l’étonnait plus qu’elle donne un avis de manière aussi brève. Mais il ne doutait pas de sa sincérité et il espérait bien que le jour où il composerait quelque chose de plus médiocre, elle lui ferait savoir. En tout cas, le compliment faisait plaisir. C’était toujours agréable de savoir que son travail est apprécié. Surtout quand le compliment vient d’une personne qui s’y connait en musique. Et d’une amie qui plus est.

-Je te remercie. J’ai hâte d’en faire part aux autres, je suis sûr qu’ils auront de très bonnes idées, comme d’habitude.

Il avait tout de même de la chance, le Pody d’être entouré de personnes aussi talentueuses. C’était toujours agréable de travailler avec ses compagnons même si parfois, ça leur arrivaient de hausser la voix. Enfin sauf pour Ingrid.  Quoi qu’elle savait le faire aussi. A sa manière. Et dans ces moments-là, il valait mieux se faire petit. Mais de manière générale, travailler en groupe était toujours plus constructif que de travailler seul. La différence de point de vue (disons plutôt la différence d’opinion dans son cas) pouvait conduire à des morceaux formidables.  

Après une brève pause, Ingrid reprit la parole, si on pouvait s’exprimer ainsi.

« Mais je t'ai déjà pardonné d'avoir raté l'heure du dîner et ne t'en fais pas, demain on mange du poisson. »

Hé bé, c’est qu’il était gâté ! Son plat préféré. Oui, c’est cliché pour un homme à moitié chat, mais c’est comme ça. Le poisson c’est trop bon. Et puis c’est bon pour la mémoire il parait. Et il arrivait rarement à notre chat d’avoir des trous de mémoire, comme quoi ça fonctionne. Il reprit, toujours avec son sourire amical.

-Eh bien, quelle clémence de ta part. Je ne suis pas sûr de le mériter. Je te remercie.

Sur ce, il récupéra son violon qu’il avait délicatement posé sur le sol. Il n’eut même pas besoin de chercher, se souvenant avec exactitude l’endroit où il l’avait posé. En revanche, récupérer sa canne fût un peu plus fastidieux. Comme entre temps, il avait joué, il se souvenait juste vaguement de l’endroit où il l’avait déposé. Il tâtonna donc pour la retrouver, mais il la bouscula et la fit tomber. Le bruit de sa canne atterrissant sur le sol retentit à son oreille.
… Que voilà une situation gênante et qu’il détestait. Voilà pourquoi en général il faisait un maximum d’efforts pour retenir précisément où il posait chacune de ses affaires. Pour pouvoir les récupérer sans problèmes. Encore, quand il faisait tomber quelque chose à cause de son infirmité quand il était tout seul, ça passait. Mais en présence de quelqu’un…même une amie… cela le gênait. Même si ce n’est pas facile d’attraper des objets quand on ne les voit pas. Il se sentait bête. Il tenta tout de même de ne rien laisser paraître sur son visage.

-Excuse-moi…

Et sans plus attendre, il se baissa pour ramasser sa canne. Au moins avec le bruit qu’avait provoqué sa chute, il n’eut aucun mal à la récupérer. Et il la tint solidement pour être sûr qu’elle ne lui échappe pas.

-Nous pouvons continuer. Da ns quelle direction allons-nous ?

Changement de sujet. Pas très subtil mais bon. Il préférait laisser le soin à Ingrid de définir le parcours. Elle connaissait sans doute pleins d’endroits charmants, il lui faisait entièrement confiance. Même si pour lui, la définition d’endroit charmant devait être un tant soit peu différente de celle que peuvent avoir les voyants.
Revenir en haut Aller en bas
Coq de Brême
avatar


Nom : Ingrid
Univers original : Musiciens de Brême
Messages : 18
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t377-je-passe-du-coq-a-l
Ven 18 Sep - 12:08
Il était toujours aussi humble et modeste, c'était beaucoup trop adorable. Il a toujours été adorable de toute façon, certaines mauvaises langues diront que c'est uniquement parce qu'il a une partie féline, ce n'est pas le cas d'Ingrid. Parce que de toute façon, Ingrid ne peut pas être une mauvaise langue et qu'elle connaît bien le Chat de Brême. Il est toujours comme ça, ses manières distinguées, sa façon de parler. Il avait aussi joli visage fin, même s'il n'était pas débordant de virilité, il était mignon son petit Pody.

Et puis elle n'allait pas lui en vouloir plus que ça, certes il a loupé l'heure du repas et que ce n'est pas bien car ça peut dérégler ton horloge interne toussa toussa. Mais elle a beau être sévère par moments, elle ne peut pas leur en vouloir.

Elle l'écoute jusqu'au moment où la canne choit sur le sol. Une situation restant quand même gênante, malgré qu'ils soient amis et Ingrid se retînt très fort ne pas ramasser sa canne pour lui. Non pas par méchanceté, mais par compréhension. Elle savait ce que c'était que de se battre pour l'autonomie et de vouloir ne pas compter sur les autres pour pouvoir s'exprimer.

C'était difficile pour elle d'aller faire les courses, mais elle tenait à le faire seule. Comment demander au marchand combien coûte les produits lorsqu'il ne comprends rien au langage des signes ? La parole est le moyen le plus utilisé de se faire comprendre et d'échanger, les gens qui connaissent le langage des signes se font rares et ne facilitent en rien la vie d'Ingrid. Mais elle ne s'en plaint pas, ce n'est pas de leurs fautes.

Et là c'était pareil pour Pody. Il ne voulait probablement pas recevoir de l'aide pour cet incident et elle pouvait le savoir au fond d'elle-même. Alors elle le couvre simplement d'un regard maternel et protecteur, même s'il ne pouvait le voir, il pourrait peut-être sentir cette aura qui est si propre à Ingrid.

Elle le regarda patiemment, le laissant prendre tout son temps pour retrouver son outil et de se redresser. Une fois qu'il a réussi, elle vient doucement près de lui pour l'enserrer de ses bras un court instant. Les musiciens du groupe savent bien qu'il était rare de voir Ingrid faire preuve d'un signe d'affection, cela se cantonnait très souvent à des simples caresses presque fantomatiques sur le bras qui étaient pourtant aussi agréables que la brise sur le visage et aussi rassurantes que l'amour qu'une mère pouvait porter à son enfant.

L'étreinte ne durera que quelques secondes tout au plus, elle finit par doucement se détacher de lui et de réajuste le col de la veste de son camarade. Une accolade pour lui faire témoigner de la fierté qu'elle lui porte pour tous les efforts qu'il fait au quotidien, mais pour aussi lui dire qu'elle est là s'il en a besoin.

Une fois que cela est fait et dit, bien que ce soit une forme particulière de diction, elle lui attrape doucement le bras pour le guider et reprendre la marche. Un endroit charmant ? Qui serait-elle si cet endroit n'était pas charment pour elle et pas pour Pody ? Hein ?

Alors qu'ils marchent, Pody devrait commencer à remarquer que cet endroit est étrangement calme. Le bruissement des feuilles des arbres se fait plus doux comme le sifflement d'un oiseau et le parfum de certaines fleurs assez nombreuses dans le coin pouvant se faire remarquer. Si Pody peut le reconnaître, cette fragrance appartient à une espèce de Rhododendrons.

Elle s'arrête, gardant le bras de Pody dans les siens et observe silencieusement le paysage. Il pourrait facilement s'imaginer le tableau même sans le voir. Une autre petite attention de la part du Coq, toujours à veiller sur eux.
Revenir en haut Aller en bas
Chat de Brême
avatar


Nom : Pod'Paille
Univers original : Les Musiciens de Brême
Messages : 215
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t313-la-musique-est-la-l
Dim 22 Nov - 17:33
Oula. Oulala. S’il s’y attendait à ça. Pas que Ingrid ne soit méchante ou quoi que ce soit, bien au contraire. Mais les signes d’affection qui allaient jusqu’au câlin, c’était assez exceptionnelle chez elle. Pody fût tellement surprit qu’il en resta figé un bref instant. Et il n’eu pas le temps de réagir plus que ça qu’Ingrid l’avait déjà lâché et était en train de rajuster son col. Enfin, il pensait que c’était ce qu’elle faisait. Cela pouvait difficilement être autre chose. Le chat se contenta de sourire. Le message était passé. Bien sûr qu’elle serait toujours là pour lui, il le savait. Et elle avait le don de le faire comprendre, sans même prononcer une parole. Qui avait dit que le langage devait se faire oralement ? Le coq était la preuve vivante que bien souvent, un geste vaut bien mieux qu’une parole.

Les deux compagnons reprirent leur route. Pody se laissait guider tranquillement, en faisant entièrement confiance à Ingrid. Une confiance que rare étaient ceux qui l’avaient. En même temps, d’un côté, on a Ingrid, qui fait toujours attention à tout et qui a l’œil pour repérer tout types de dangers, allant du loup sanguinaire prêt à les manger tout cru à la branche qui dépasse un peu trop qu’il pourrait se prendre en pleine figure. D’un autre côté, on a des gens qui s’amuseraient justement à l’emmener dans des endroits bourrés d’obstacle juste parce que c’est drôle de voir un aveugle galérer. Ce qui n’est pas juste. Parce qu’un aveugle ne pourra jamais trouver ça drôle de voir quelqu’un galérer tout simplement parce qu’il ne le peut pas. Mais de toute façon, ça ne se fait pas de se moquer du malheur des autres. En tout cas, ce n’était pas le genre de notre Pod’paille.

Au fur et à mesure qu’ils avançaient, Pody se sentait de plus en plus détendu, calme. C’était sans doute dû au fait que ses oreilles captaient de moins en moins de bruits perturbateurs. Le chant des feuilles au contact du vent était des plus harmonieux. Et il pouvait sentir d’agréables odeurs qui le laissaient penser qu’un certain nombre de fleurs étaient dans les environs. Tout cela faisait une harmonie parfaite, véritable symphonie de la nature. Il était dommage que les gens ne fassent pas attention au monde qui les entourait. Ils découvriraient pourtant qu’il est formidable. Une véritable œuvre d’art. Il écoutait également le bruit de leurs pas. C’était drôle comment deux personnes marchant côte à côté avaient la manie de caler leur pas au même rythme, tout naturellement, sans même y prêter attention.

Il se faisait cette réflexion lorsqu’il sentit qu’Ingrid s’arrêta. Bien évidemment, il en fit de même. Il pu d’avantage profiter de l’ambiance environnante. D’ailleurs, cela faisait un moment qu’il avait repéré une certaine odeur mais il n’arrivait pas à l’identifier. Ce n’était pas facile, avec toutes ces odeurs différentes… Ah ça y est, il avait reconnu. L’odeur des rhododendrons. Il laissa échapper un sourire en coin. Il soupçonnait cette fleur d’être la préférée d’Ingrid, allez savoir pourquoi. Il n’avait aucune certitude sur le sujet, mais quand même. C’était un sujet très redondant chez elle, les rhododendrons, alors… Peut-être qu’un jour, il lui ramènerait un bouquet de ces fleurs, pour voir sa réaction. Enfin pour voir… façon de parler.

En tout cas, ce devait être très joli à voir. Bien sûr, il n’en savait rien, mais il imaginait un endroit avec des fleurs de toutes les couleurs par-ci par là, sous les arbres de la forêt, éclairée par des rayons de lune qui se glisseraient entre les feuillages. Oui, cela devait être magnifique. Mais pour Pody, pas besoin d’avoir des yeux pour trouver que cet endroit est agréable. Il se contentait très bien de ce que son nez et ses oreilles lui rapportaient.

Si Ingrid voulait trouver un chouette endroit c’était réussit. Même s’il n’entendait pas de chouette. Un endroit peut être chouette sans chouette après tout. C’est ça qui est chouette. En tout cas, il devait essayer de retenir où ils étaient. Il reviendrait bien y passer quelques après-midi ou quelques soirées à jouer par ici. Pody connaissait aussi d’autres coins sympas, mais c’est bien de changer, de temps en temps. Et puis ici, il y avait des rhododendrons. Alors forcément.

« C’est vraiment magnifique »

Pody avait utilisé le langage des signes pour faire cette phrase. Après tout, c’était si calme ici, ça aurait été dommage de parler et le gâcher. Il ne s’en sentait pas le droit. Il était bien incapable d’interrompre quelque chose d’aussi agréable. C’était comme lorsque quelqu’un jouait de la musique. Jamais au grand jamais il n’interromprait un morceau. Et là c’était pareil. Et dans ce genre de situation, le langage des signes était tout de même bien plus pratique qu’une langue.
Revenir en haut Aller en bas
Coq de Brême
avatar


Nom : Ingrid
Univers original : Musiciens de Brême
Messages : 18
Voir le profil de l'utilisateur http://happy-neverending.forumactif.com/t377-je-passe-du-coq-a-l
Jeu 18 Fév - 16:29
Elle voyait bien que cet endroit lui plaisait. Elle l'entendait même. Enfin non, puisqu'il ne faisait aucun bruit, mais une fois de plus, le silence s'écoutait et s'appréciait. Ingrid en était la preuve vivante après tout. Et Pody en faisait preuve aussi en cet instant. Il écoutait le silence en ne le rompant, préférant utiliser le langage des signes pour se faire entendre.

C'était une attention qui la gênait un peu malgré tout. Ils avaient des jolis voix et elle aimait les écouter. Qu'ils soient plus ou moins bavards, d'ailleurs. Elle n'avait peut-être pas de voix à proprement parler -si je puis me permettre l'expression-, mais ces trois là étaient capables de lui faire oublier son handicap et le fait que Pody n'utilise pas la sienne pour lui parler lui rappelait ce qu'elle était incapable de faire. Elle eût un léger sourire triste qui ne semblait pas perceptible pour les yeux, mais peut-être que Pody pouvait voir ce genre de choses. Silencieusement, elle se mit à le guider à nouveau, plus lentement cette fois. Elle se permet de le laisser profiter de l'endroit malgré l'heure tardive, elle pouvait bien faire une exception pour une fois.

Elle l'aida donc à s'asseoir au pied d'un arbre, le coin était paisible et tranquille et la présence d'autres individus était extrêmement rare. Une fois installés l'un à côté de l'autre, elle lui attrape doucement les mains pour commencer à communiquer. « Le matin aussi c'est un très joli endroit. Une toute autre ambiance. »

Elle venait se prélasser ici quelques fois, quand tout le monde était encore endormi. C'était peut-être inconscient cela dit, il pouvait arriver n'importe quoi et les autres ne seraient pas au courant si elle ne revenait pas. Enfin, c'était chose réparée maintenant, n'est-ce pas ? Elle gardait son sourire réservée alors qu'elle regardait aux alentours. Elle ne s'en lasserait jamais.

Elle soupira légèrement, non pas par agacement, mais par contentement et se laissa aller à poser la tête contre l'épaule de son compère et ami chat. C'était pas dans ses habitudes, mais parfois elle se surprenait à apprécier ces petits gestes ponctuels qu'elle dispensait avec parcimonie. Peut-être était-ce le lieu également qui faisait qu'elle était plus détendue.

Juste quelques instants de silence en plus, elle resta immobile contre le violoniste à apprécier l'instant réconfortant avant de lui attraper doucement les doigts pour à nouveau lui parler. « Tu sais, je suis vraiment heureuse d'être avec vous. »

En y repensant, qui sait où elle serait et ce qu'elle ferait si elle n'avait pas été trouvée par ses trois compagnons. C'était une fabuleuse histoire après tout, tout droit sortie d'un conte de fée. Ahem. Elle ne pouvait s'empêcher d'y repenser cela dit, ses trois amis étaient devenus très rapidement importants pour elle et elle ne les échangeraient pour rien au monde. Et quiconque oserait s'en prendre à l'un d'eux devrait faire face au terrible courroux du coq ! D'un coq muet, certes, mais d'un coq quand même !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Happy NeverEnding :: And the Story Begins... :: Enchanted Earth :: La Forêt Enchantée-